Démarche artistique

La démarche artistique de Mathilde Planchon se construit autour d’un dialogue entre intuition, recherche et expérimentation, où la couleur, la matière et le geste deviennent les fondements d’un langage sensible et émotionnel.

Les artistes et mouvements qui m’inspirent traversent toute ma pratique : les impressionnistes m’ont appris à saisir la lumière et l’instant, N. de Saint Phalle m’inspire une création libre et personnelle, M. Rothko m’enseigne la puissance émotionnelle de la couleur, P. Soulages la profondeur de la matière et de la lumière, J. Miró la poésie des formes organiques. Les mouvements Fluxus et CoBrA ont renforcé mon goût pour l’expérimentation et la spontanéité.

Je m’inscris dans un processus créatif où intuition et réflexion se rencontrent en permanence. Tout commence dans le carnet : j’y esquisse mes idées à l’aquarelle, au crayon ou au feutre, j’y note mes pensées, j’expérimente le collage et l’écriture introspective. Ces carnets constituent le point de départ de mes œuvres, où se croisent inspirations, symboles culturels, récits mythologiques et références artistiques variées, qui nourrissent et structurent mon approche plastique.

Mes créations oscillent entre abstraction légère et figuration poétique. Dans mes paysages, la nature se déploie en figuratif-abstrait, parsemée de rêveries, mêlant matières organiques et artifices choisis pour inviter à la contemplation d’un univers à la fois apaisant, sauvage et parfois dangereux. Dans mes portraits, je ne cherche pas à représenter la personne elle-même, mais son aura, son ombre ou l’émotion qui se dégage de la composition, permettant à chacun d’y projeter ses propres ressentis. Dans mes abstractions totales, la couleur devient un langage émotionnel : vibrante et singulière, elle invite à percevoir des nuances personnelles et inattendues.

Je construis mes œuvres en acrylique, travaillant la matière tant en épaisseur qu’en transparence, et j’y insère des matériaux variés — aluminium, mosaïque, matières organiques — pour offrir un dialogue entre rendu visuel et expérience tactile. Chaque pièce devient un espace de recherche et de narration où le geste pictural, le collage et les matières traduisent ce que les mots ne peuvent exprimer.

La spontanéité du geste occupe une place centrale dans ma pratique : j’accepte que l’œuvre évolue librement, dans un équilibre constant entre maîtrise technique et instinct. Cette tension entre structure et improvisation constitue le cœur de mon langage visuel et fait de chaque tableau une aventure unique et sensible.